Isoler ses combles aménageables : De l'espace gagné
Une vie agréable sous les toits commence par une isolation performante quelle que soit la configuration de la charpente. Deux formules, exigeant une mise en œuvre exemplaire sont proposées, mono ou bicouche.
Bien qu'il soit possible d'utiliser des isolants en mousse synthétique (polystyrène expansé, extrudé…), l'isolation des combles est essentiellement réalisée avec des laines minérales grâce à leur facilité de transport et leur souplesse. Elles s'accommodent de toutes les charpentes et apportent une excellente isolation thermo-acoustique.
1- Avant de commencer
Avant tout travaux, une inspection de l'état de la charpente s’impose. En effet, lorsque l'isolation sera posée, elle sera quasiment inaccessible. Un traitement fongicide et insecticide s'avère nécessaire si ce n'est pas déjà fait ou si les bois sont attaqués par des insectes ou des champignons.
Quelle que soit la nature de l’isolant ou du système choisi, il est impératif de ménager une lame d'air de 2 à 4 centimètres entre l'isolant et la couverture ou l’écran de sous toiture, sur toute la sous-face de la toiture afin de préserver la ventilation du toit, sauf en cas de présence d’un écran de sous toiture HPV.
Les isolants minces réflecteurs
L'isolation des rampants de la toiture avec de la laine minérale diminue le volume habitable dans des proportions plus ou moins importantes du comble. C’est l’un des arguments des isolants minces réflecteurs (IMR) dont l’épaisseur de 20 à 30 mm permet de gagner quelques petits mètres carrés. En pratique, leur mise en œuvre très contraignante (présence de deux lames d’air, réalisation d’une étanchéité parfaite…) fait que l’épaisseur minimale du système mesure 10 cm d’épaisseur minimum (plaques de plâtre comprises). Si en plus on tient compte de leurs performances et de leur coût beaucoup plus élevé que les laines minérales, l’intérêt des IMR reste relatif.
2- En une seule couche
Les laines minérales sont proposées en épaisseur importante pour isoler les rampants de la toiture en une seule couche. Elles sont disponibles jusqu’à des épaisseurs de 26 cm. Pour respecter la RT 2005, il faut choisir une épaisseur minimale de 18 cm (R = 4,5). Deux options sont possibles selon ce que permettra la configuration de la charpente. Ces procédés apportent une isolation continue sans pont thermique mais qui provoquent une réduction sensible du volume habitable.
La couche est posée sous les fermettes ou sous les chevrons et entre les pannes. Des pattes métalliques sont vissées sur le flanc des chevrons ou fermettes. Un rouleau de laine de verre, de 1,20 m de large coupé selon la longueur du rampant est embroché sur les pattes. Des rails métalliques sur lesquels sera fixée la finition intérieure, sont clipsés sur les têtes des pattes.
Une alternative, l’insertion entre les rails métalliques de rouleaux de laine roche perpendiculairement aux chevrons.
3- Les solutions bicouches
Cette solution apporte un gain de volume habitable grâce à l’emploi d’une première couche posée entre les chevrons. Elle permet d’atteindre une isolation thermique très élevée (R supérieur à 6 m2.K/W) et assure un affaiblissement acoustique supérieur aux exigences de la réglementation. La pose se déroule en deux temps La première couche est constituée de panneaux de laine minérale sans pare-vapeur ou découpés sur mesure dans des rouleaux de laine de verre, insérés entre les chevrons. La seconde est posée perpendiculairement à la première. Plusieurs solutions sont possibles selon la nature de l'isolant et l’accès au chantier.
La plus ancienne consiste à agrafer sur un contre-lattage fixé sur les chevrons des rouleaux avec languettes, en laine minérale revêtue d’un pare-vapeur. Cette ossature constitue le support pour l'habillage final.
Plus récente et plus efficace (ponts thermiques limités), la seconde technique consiste à visser sur le flanc des chevrons des suspentes métalliques. Des rails métalliques sont clipsés dessus et maintiennent la seconde de panneaux ou rouleaux de laine minérale avec pare-vapeur. Les rails servent de support à la finition (plaques de plâtre, lambris…). L’avantage de cette technique est la possibilité de pose sur un chevronnage qui n’est pas parfaitement plan.
Isoler naturel
Les isolants naturels, à base de laine de mouton, de coton, de chanvre, de fibres de bois, de cellulose… peuvent remplacer les laines minérales. Mais attention leurs performances ne sont pas toujours certifiées et surtout il faudra, le cas échéant, ajouter un pare-vapeur, lors de la mise en œuvre.
Isolation gain de place
Que la solution soit mono ou bicouche, il est possible de gagner quelques centimètres en épaisseur de volume habitable à la condition express que l’écran de sous toiture soit du type hautement perméable à la vapeur. La laine minérale (la première couche en cas de deux couches) est appliquée contre l’écran. On gagne les centimètres de la lame d’air qui n’est pas utile avec un écran HPV.
Crédits photo : Actis
JP Nicolet
Commentaires
PMR (ou IMR)
2008-12-01 15:33:16 par Loïc G
Bonjour, je réagis au commentaire ci-dessus.
Je me permet cela car les PRM (produits minces réfléchissants) n'ont jamais eu pour vocation de remplacer les isolants "classiques" (laines de verre, de roches, etc ...) mais de compléter leur pouvoir isolant par celui de la thermoreflexion.
D'ailleurs, les fabricants le disent sur leurs notices.
Voici l'utilisation type de ce genre de matériaux : PRM//Laine//Placo
Ainsi, pas de condensation, pas de pont thermique et chaque produit agit là où on en a besoin.
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"Isolants" minces réfléchissants
2008-11-07 14:10:56 par Alain BIRAULT
Bonjour,
Tout d'abord, félicitations pour votre initiative. Cependant, voici quelques suggestions pour informer les internautes encore plus clairement.
Pourquoi mettre une photo d'un "IMR" Actis, alors que vous dites bien dans votre article que son intérêt est relatif ?
Il faudrait signaler que l'isolant en photo est un IMR avec une courte légende de mise en garde, pour les internautes qui ne liraient pas tout l'article !
Vous auriez aussi intérêt à compléter votre article avec une mention plus claire sur le niveau réel des performances des IMR: ainsi, les 10 cm d'encombrement dont vous parlez procurent une résistance thermique inférieure à celle de 1cm de plaque de plâtre + 9 cm de Laine de verre ou de polystyrene expansé.
Compte tenu du prix et de la difficulté à réaliser la pose des "IMR", ils n'ont aucun intérêt, ... même relatif, car à ce niveau de performances, on n'atteint pas le niveau réglementaire mini d'isolation en toiture et on risque même des désordres sur la charpente bois dus à la condensation.
Ces données sont confirmées par les études menées par différents laboratoires français et étrangers et dans une note consultable sur le site du CSTB (Note du GS 20 du 12/12/2007).
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