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Puits canadien : Des calories dans son jardin
Par batiproduitsmaison - le 10 juillet 2008 dans Dossiers spéciaux
 
Puits canadien : Des calories dans son jardin - Dossiers spéciaux - blog de la construction, de la décoration et de l’habitat vert

« Canadien » ou « provençal », le puits est un procédé géothermique qui optimise la ventilation de la maison en participant au rafraîchissement ou au chauffage de la maison. Il a été amélioré et commercialisé par quelques sociétés et entreprises spécialisées.

Traditionnellement utilisé en Amérique du Nord pour maintenir hors-gel les habitations sans chauffage pendant l'hiver, le puits canadien devient « provençal » dans le sud de la France pour abaisser la température des pièces de quelques degrés en été. Il est basé sur le simple constat que la température de la terre est plus ou moins constante à partir d'une certaine profondeur. A deux mètres environ, elle se maintient autour de 15°C pendant l'été et de 5 °C l'hiver.


1- Le principe

Le puits canadien consiste à prétraiter l'air ventilant la maison, en utilisant l'inertie thermique du sol. Cet air circule dans un réseau de canalisations enterrées que l’on appelle l’échangeur géothermique, entre 1,50 et 2 mètres.

En hiver, l’air est préchauffé lors de son passage dans l'échangeur géothermique. Cet air chaud, de 5 à 10°C environ, en fonction de la température extérieure et du dimensionnement de l'installation, est diffusé dans la maison par des gaines ou celles de la VMC. Comme l'air de renouvellement ne vient plus directement des bouches d'aération des fenêtres, le puits canadien constitue un appoint au système chauffage existant, sans déperditions thermiques.

En été, si la température de l’air extérieur est supérieure à 20 °C, il est refroidi par la fraîcheur relative du sous-sol en traversant l’échangeur géothermique. Diffusé dans l’habitation, cet air entraîne une réduction de la température de 3 à 5°C. Ce n’est pas aussi bien qu’un climatiseur mais la consommation électrique est dérisoire : le ventilateur d'insufflation du puits canadien ou celui de la VMC ne consomme que quelques centaines de watts. Sachant qu’en plus le puits canadien traite l’air de renouvellement (air neuf), contrairement au climatiseur qui traite l’air intérieur (air recyclé), ce système géothermique apporte un confort non négligeable lors des périodes de fortes chaleur.

2- La mise en œuvre

L'installation d'un puits canadien oblige de faire appel à une société spécialisée ou à un bureau d'études thermiques pour respecter certaines conditions de dimensionnement, de qualité et de pose et assurer sa pérennité dans le temps et le confort des habitants.

L'entrée d'air du puits canadien possède un système de filtration et doit être conçue pour éviter d'aspirer de la poussière, des sources de pollution (route, compost…), pour éviter que des animaux (rongeurs, moustiques…) ou les feuilles mortes y pénètrent.
Les tuyaux sont enterrés à une profondeur entre 1,7 et 2 m en moyenne selon le « pouvoir calorifique » du terrain, leur diamètre de 15 à 20 cm et la longueur mise en œuvre de 25 à 50 m. Les tuyaux sont posés avec une pente de 2 % dans le sens de l'aspiration (vers la maison) pour l'évacuation des condensats.

Le PE-HD (polyéthylène haute densité) est le matériau le plus utilisé. Certains sont traités pour limiter le développement d’éventuelles bactéries dans les tuyaux. Moins onéreux, le PVC utilisé pour l'assainissement convient mais il peut dégager des vapeurs nocives lorsqu'il est soumis à des températures élevées (> 30°C). Les systèmes de raccords entre tuyaux avec des joints caoutchouc à lèvres sont recommandés plutôt que le collage (risque de rupture lors du remblai, dégagement de vapeurs nocives due aux colles).

3- A coupler avec une VMC

Dans sa version, la plus simple, le puits canadien est équipé d'un ventilateur extracteur de faible puissance qui accélère la circulation de l'air dans l'échangeur géothermique et le ventile ensuite dans les pièces de la maison. L'air intérieur pollué est extrait par les bouches d'extraction individuelles ou par celles de la ventilation mécanique contrôlée (VMC). Le raccordement à une VMC simple ou double flux est d'ailleurs recommandée, car plus efficace.

La VMC simple flux reste une solution peu coûteuse. La mise en température de l'air neuf dans une maison représente environ 25 % de la consommation du système principal de chauffage : ce poste est réduit de 50 % avec un puits canadien, soit une économie de chauffage de 15 à 20%. En été, le rafraîchissement est notable : l'air est distribué à une température comprise entre 18 et 25°C pour des températures extérieures de 25 à 35°C.
Avec une VMC double flux, l’économie de chauffage peut atteindre 20%.

Il est nécessaire de prévoir un système de régulation qui arrête ou met en marche le puits canadien et une prise directe d'entrée d'air neuf extérieur en fonction des conditions climatiques extérieures.

JP Nicolet
Crédit photo : Rehau





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